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Lafuma, de l’éco-conception de produits à une démarche globale de l’entreprise

9 fév, 2009 • Catégorie: tooeco a rencontré...

En région Rhône-Alpes, Lafuma, entreprise d’articles de sport et de loisir, s’est engagé dans une démarche développement durable depuis quelques années. Diane Maniouloux-Chaize, responsable Développement Durable au Groupe Lafuma nous parle de son métier et des engagements de la société.

Quelle est votre mission au sein de Lafuma ?
Le Groupe Lafuma a créé ce poste en 2008 pour rendre plus lisible les actions entreprises autour du développement durable à la fois pour le personnel de l’entreprise et pour la communication externe. Déjà salariée du Groupe Lafuma depuis près de 3 ans, ce fut pour moi une belle opportunité en interne.

Depuis quand Lafuma s’est lancé dans cette démarche ?
Dès les années 90, le PDG de Lafuma a souhaité s’engager dans cette voie. Cela donne beaucoup de poids à cette orientation et aujourd’hui toute l’entreprise s’investit. Dès le départ, notre société a travaillé en partenariat avec France Nature Environnement et surtout avec WWF (nous fêtons les 10 ans de partenariat cette année !). Au-delà de la création de produits éco-conçus, la démarche durable est globale et touche aujourd’hui tous les services de Lafuma.

Quel est le premier projet sur lequel vous avez travaillé ?
En prenant ce poste, mon premier objectif a été de mettre en place une « étiquette écologique » qui informe sur l’empreinte écologique du produit en répondant à 4 critères. Cette notation, appelée Pure Leaf Grade, est une première réponse concrète pour le consommateur qui a besoin de mieux comprendre l’engagement développement durable du produit qu’il achète. Mise en place pour les produits Lafuma depuis novembre, nous envisageons de déployer cette notation sur les autres marques du groupe. Le Pure Leaf Grade n’est pas utilisé comme étiquette produit, mais plutôt comme information sur notre site Internet, dans nos boutiques et pourquoi pas demain en relais chez nos distributeurs.
En parallèle, nous travaillons sur la mise en place d’indicateurs en interne pour nous améliorer notamment dans le choix des matières premières et de son acheminement.
Le plus important, c’est le produit. La démarche développement durable soit s’inscrire dès la conception et sur toute la gamme des produits en lien étroit avec les bureaux d’études de chaque marque.

En dehors des produits, quelles sont les autres actions ?

Par exemple,  notre marque Millet s’est longtemps engagée dans le recyclage avec le retour des cordes usagées ou encore avec le nettoyage de camp de base d’expéditions en Himalaya.
L’évolution logique de la démarche développement durable, c’est le fonctionnement de l’entreprise elle-même. Lafuma a donc mis en place une cantine bio, une navette pour relier le siège à la gare la plus proche, etc.

Quels sont vos produits phares éco-conçus ?
Nous avons deux produits très emblématiques pour la marque Lafuma. Nous utilisons de plus en plus la polaire recyclé qui aujourd’hui correspond à 50% de notre marché. Le changement de matière première, du polyester recyclé, n’a pas changé la perception du produit car la qualité, la fonction du produit (apporter de la chaleur) et le prix attractif sont là. Compte-tenu du volume de polaire vendu par la marque Lafuma, il s’agit d’un levier important en éco-conception. Autre produit, la veste de protection pour la pluie. Elle est réalisée en membrane polyester recyclé, avec un tissu extérieur et une doublure également en polyester recyclé et présente le même niveau de performance en terme d’imperméabilité et le même prix qu’un produit non éco-conçu équivalent sur le marché.

Pourriez-vous nous citer une action que vous souhaiteriez mettre en avant ?
Casino a mis en place récemment l’étiquette CO2. Voilà une réponse très concrète qui a été un énorme travail pour le distributeur. Cela devrait faire bouger les choses. L’entreprise est un levier car elle est plus proche du consommateur.

Merci à Diane pour toutes ces informations.



L’Ecosite du Val de Drôme

30 jan, 2009 • Catégorie: Changer la ville

D’une ancienne base TGV à la Gare à Coulisses.

C’est à Eurre dans la Drôme, sur une ancienne base de travaux du TGV Sud-Est que la communauté de communes du Val de Drôme a décidé de regrouper sur un même lieu l’Ecosite des activités culturelles, des habitats, des activités économiques et des pôles de formation.
Qualité, éco-construction et économie d’énergie sont les bases de ce chantier, avec l’utilisation de matériau sain, système de chauffage au bois et aménagement extérieur intégré au paysage.

Sur les 40 hectares du projet, on va trouver un restaurant, des espaces de bureau et des petites unités industrielles porteuses des principes du développement durable.
Ce site a souhaité réserver un espace à la culture et accueille depuis octobre 2007 la Gare à Coulisses  et la compagnie Transe Express.
Entièrement consacrée aux arts de la rue, c’est à la fois un lieu de création et de production des spectacles, un lieu de formation mais aussi un lieu de diffusion avec la présence d’un kiosque permettant d’accueillir les spectacles et les spectateurs.

Nous aimons cette région et cette vallée, le Val de Drôme est un éco-territoire en devenir qui multiplie les initiatives avec la gare des Ramières ou Biovallée dont nous vous avons déjà parlé sur tooeco.



Alp’Papier, une papeterie de papier recyclé innovante

23 jan, 2009 • Catégorie: tooeco a rencontré...

Située à Grenoble, la société Alpe Papier Recyclé (Alp’Papier) fabrique et distribue toute une gamme d’articles de papeterie exclusivement en papier recyclé. Marc Garnier, dirigeant de cette entreprise nous parle de son métier et de l’avenir du papier recyclé.

Pouvez-vous nous présenter Alp’Papier en quelques mots ?
De formation informatique, j’ai décidé il y a quelques années de changer de métier et en 2005 j’ai repris la société Papirralp avec ses 2 salariés. C’est un vrai défi que je me suis alors lancé !

Quels sont les changements que vous avez apporté à la société ?
Papirralp était essentiellement tournée vers le papier recyclé de correspondance, papier à lettres, cartes et enveloppes. Aujourd’hui, les produits ont évolué : papier pour les photocopieuses, papier et enveloppe haut de gamme sans oublier le loisir créatif avec les cahiers de coloriage et les mandalas. Un service d’impression de tous documents (prospectus, faire-part, bulletin d’information, enveloppe entête) noirs et couleurs (encres à base végétale)  complète notre offre… Nous sommes très vigilants sur la qualité des papiers et leurs labels. Nous étendons la gamme par d’autres produits connexes au papier comme les crayons non toxiques, les stylos bille rechargeables et les crayons surligneurs. Fin 2008 nous avons créé notre agenda en papier recyclé, avec à chaque lunaison une pensée philosophique, un geste pour la planète et un mandala à colorier. Et Papirralp est vraiment devenu Alp’papier !

Pouvez-vous nous parler du papier recyclé en quelques chiffres ?
Pour fabriquez 20 feuilles de papier classique, il faut 3 litres d’eau (votre boisson quotidienne), 200g de bois (un bout d’étagère) et 80 wattheure (une ampoule économique allumée 10 heures).
Et le recyclé par rapport au papier vierge c’est 100% d’économie en bois 50% d’économie d’énergie et 80% d’économie en eau.

Qui sont vos clients ?
Notre atelier est aussi une boutique présentant toute la gamme de nos produits. Mais notre plus grosse clientèle en direct provient de foires et salons bio auxquels nous participons dans toute la France. Aujourd’hui 80 magasins ont un rayon « papier recyclé » d’Alp’Papier. Enfin, nous développons la vente par correspondance sur internet.

 Alp’Papier sur le salon Primevère

Le papier recyclé bénéficie t-il du développement de l’écologie ?
Le chiffre d’affaire a augmenté mais il reste encore beaucoup à faire car le marché est cyclique et concentré pour l’essentiel sur le dernier trimestre de l’année.
Le bio et l’écologie ont le vent en poupe,  la priorité étant pour le client de se protéger ainsi que sa famille. Cela concerne d’abord le secteur du bien-être avec les produits d’entretien et d’hygiène, et l’alimentation. La démarche de consommer du papier recyclé correspond a un second niveau de consommation écologique, comme le textile d’ailleurs, proche de l’équitable, plutôt interpersonnel que familial. Ces produits ne bénéficient pas encore du même essor que le bio. Et le secteur de la papeterie scolaire n’est pas encore mûr.

Quels sont les enjeux du secteur ?
Aujourd’hui on consomme trop peu de recyclé et nos poubelles de tri ne servent pas faute de consommateur in fine. Pour développer ce marché, outre une volonté politique, il est nécessaire de faire une éducation forte afin de rompre avec l’image du papier « blanc ». Quelques clients du secteur public sont actifs, comme la commune de Jarrie qui achète 100% de papier recyclé. Côté coût, le papier recyclé reste plus cher essentiellement à cause du faible volume.

Merci à Marc. Si vous souhaitez connaître les différents points de vente, rendez-vous sur le site d’Alp’Papier www.alpepapier.com



Magic Potion, pour le ski et le snowboard plus écologiques

8 déc, 2008 • Catégorie: Changer la ville

La saison de ski et snow vient de commencer, les stations ouvrent les unes après les autres et la neige est déjà au rendez-vous sur les sommets.

A tooeco nous voulons marquer l’entrée dans cette nouvelle saison d’hiver en mettant en avant la société Magic Project située au Bourget du Lac en Savoie. Comme vous le savez, l’empreinte écologique du ski sur nos montagnes n’est pas négligeable.
Magic Potion apporte sa « petite » contribution à une glisse plus écologique.
Cette société propose une gamme complète de produit de farts écologiques qui sont adaptés à toutes les conditions de neige et vont convenir au skieur de fond, de piste comme au snowboarder. Ces « potions » ne contiennent pas de produits nocifs pour l’environnement,. Elles sont 100% biodégradables dans les sols, faciles à appliquer tout en assurant de haute performance de glisse.

Entreprendre autrement pour Magic Project, c’est aussi un engagement à reverser au moins 1% de son chiffre d’affaires dans le cadre du programme 1% pour la planète pour aider des associations de défense de l’environnement.

Le ski peut alors se concilier avec une démarche écologique.



Canevaflor, couvrir de vert les murs des villes …

24 nov, 2008 • Catégorie: Changer la ville

Nous vous avions déjà parlé sur tooeco du concept de toit végétalisé avec la société toiture-bio et sa production de bio sedum ou dans un « filons ailleurs » spécial couverture végétale avec un gros plan sur l’expérience japonaise.

Même si nous sommes encore loin de l’expérience japonaise, en Rhône-Alpes la société lyonnaise Canevaflor s’attache depuis 2004 à recouvrir les murs de nos villes de couvertures végétales.

Son système breveté s’adapte à tous les types de murs à l’intérieur comme à l’extérieur, des façades d’écrans aux murs anti-bruits. Solution esthétique pour couvrir de verts de grandes surfaces, le mur remplit aussi des fonctions d’isolant phonique. Economie d’énergie également car le bâtiment bénéficie d’une couverture isolante qui va permettre de réduire les amplitudes thermiques en hiver comme en été, permettant ainsi d’économiser jusqu’à 40% de la consommation d’énergie.

La mise au vert du mur et l’utilisation de nombreuses espèces végétales vont favoriser la création d’un écosystème complexe (plante, micro et macro-flore, insecte, petit animal) qui encourage la biodiversité, devenant de véritables micro-usines à dépolluer qui absorbent davantage de pollution qu’elles n’en produisent.

Dans notre région, à Lyon cinq murs sont en place dans la ville à Perrache par exemple. Forte de son savoir faire, la société Canevaflor connaît chaque année une évolution croissante de son chiffre d’affaire et s’ouvre maintenant à l’international.



Lafuma, un exemple pour entreprendre autrement ?

21 nov, 2008 • Catégorie: Entreprendre autrement

Dès les premiers articles sur tooeco nous nous sommes rapidement posés la question : devons nous parler des grosses structures qui s’engagent dans une démarche de développement durable ?

Nous avons choisi de mettre le focus sur les petites entreprises, ils nous semblaient alors difficile pour des sociétés ouvertes à l’internationale d’avoir une vraie démarche dans un monde économique hyper compétitif et qui oblige à beaucoup de concessions.

Et pourtant, parmi ces sociétés, quelques unes ont pris en compte l’écologie depuis de nombreuses années. Dans notre région, Lafuma se pose en pionnière pour entreprendre autrement.
Pour ceux qui ne connaissent pas, Lafuma c’est l’un des leaders de l’outdoor, situé dans la Drôme avec des filiales de production, en Afrique du Nord, en Europe de l’Est, en Chine, et des implantations commerciales dans les principaux pays du monde. La stratégie de développement durable est globale à l’entreprise, de la production à la commercialisation des produits en passant par les ressources humaines. Il ne s’agit pas d’un nouvel argument de vente, nous sommes loin du greenwashing.

Ici l’écologie se pratique au quotidien. Regardons ces quelques exemples de mise en pratique.
Depuis cet automne, 1500 m2 de panneaux photovoltaïques recouvrent le toit de l’usine, avec un objectif de produire annuellement 118 000 Kwh, soit la consommation électrique moyenne annuelle de 40 foyers. Des navettes destinées aux salariés relient l’usine aux gares voisines évitant ainsi de prendre les voitures. A l’heure du déjeuner, l’éco-resto offre régulièrement des repas bio en privilégiant les fournisseurs locaux. Bien sûr, le tri sélectif est organisé à tous les niveaux dans l’entreprise.
Des salariés, de leur côté, se sont engagées activement et ont participé au nettoyage de la Mer de Glace en juin cette année.
Coté produit, Lafuma propose sur le marché des articles éco-conception avec par exemple l’Eco 40, premier sac de randonnée éco-conçu, la gamme Pure Leaf, ou encore la chaussure Active Hemp et sa matière en chanvre.
L’eco-conception identifie les impacts écologiques du cycle de vie d’un produit : les matières premières écologiques, la fabrication à faible coût énergétique, l’acheminement par des moyens de transports propres et le recyclage en fin de vie. A noter aussi, l’opération de reprise des polaires qui sont recyclées ou redistribuées à des associations caritatives.
Pour finir Lafuma a choisi, depuis 1999, le WWF comme partenaire pour l’appuyer et renforcer sa politique de développement durable.

Lafuma est la preuve qu’une entreprise à l’internationale peut s’engager dans une démarche globale d’éco-production et conception pour devenir à terme une entreprise « verte » tout en restant compétitive.
Alors, bien sûr, tout n’est pas certainement rose ou plutôt vert mais la démarche d’une entreprise comme Lafuma ne peut qu’aider à une prise de conscience, non ?



Les cartes en Rhône-Alpes