C’est à Saint-Montan que nous avons rejoint Jean Christophe Rossi, l’occasion de découvrir ce bourg médiéval niché dans les contreforts du sud de l’Ardèche.
Cet entretien est réalisé dans le cadre de la semaine sans pesticides en Rhône-Alpes.
Village unique, c’est un site du Ve au XVe siècle, abandonné puis ruiné jusqu’en 1969 où commence un superbe travail de restauration qui permet au village de revivre. Dans une petite ruelle au pied du château installé dans un ancien cachot se trouve le caveau du Valla des Laures.
Un parcours atypique, après une carrière professionnelle dans le conseil et la gestion, Jean Christophe Rossi choisit en 2002 de créer son exploitation au début sur moins de 2 hectares.
Jean Christophe, parlez-nous de votre exploitation ?
J’exploite ma vigne sur 6 hectares de terrain autour de Saint-Montan dans le sud du terroir des Côtes du Vivarais. La production est gérée raisonnablement, les rendements sont volontairement limités autour de 30 hectolitres/ha* pour obtenir un vin plus concentré en goût. Nos cépages sont la Syrah et le Grenache.
Je me considère comme un artisan qui cherche à offrir un vin de qualité ancré dans son terroir, un produit à déguster. La production reste limitée à moins de 20 000 bouteilles par an.
En quoi consiste le travail d’un artisan de la vigne ?
De décembre à mars, c’est la taille et les travaux d’entretien, puis d’avril à septembre c’est la commercialisation avant d’attaquer la récolte et la vinification pour finir la saison en novembre. L’année est bien remplie. Ce métier exige de nombreuses compétences et nous sommes souvent à la merci de la nature. Il faut savoir produire, gérer et vendre. Je suis un vigneron et non un viticulteur, un vigneron ancré dans sa terre et dans le respect de l’environnement.
Et le respect de l’environnement, concrètement c’est quoi ?
Par exemple, si la nature le permet nous nous contentons de 3 à 4 traitements phytosanitaires en utilisant des produits admis en agriculture biologique. Il n’y a pas de traitement superflu, il faut savoir admettre quelques pertes.
Sur l’exploitation nous n’utilisons pas d’engrais chimique ni de désherbant. On se contente de travailler le sol avec le tracteur, la charrue. Alors bien sûr il y a parfois un peu d’herbe au milieu des vignes. On y trouve même en saison des poireaux sauvages ou des asperges ! La vendange est réalisée à la main et la vinification est naturelle. Nous n’avons pas le label bio mais nos vins sont produits le plus naturellement possible.
Qui sont vos clients ?
Ce sont principalement des particuliers et des restaurateurs dans toute la France. Nous sommes dans un secteur touristique. Toutes les nuits d’été, je suis sur un marché nocturne avec plus de 50 dates en deux mois pour faire découvrir mes produits. Le client agit souvent sur un coup de cœur de vacances qui se prolonge par des achats sur internet toute l’année. Et parfois, ce sont des surprises comme de retrouver son vin en photo conseillé par Joël Robuchon (in Le Chasseur Français, août 2008), c’est une récompense !
Depuis quelques temps vous n’êtes plus seul ?
Effectivement, Perrine 22 ans m’a rejoint. Elle prépare actuellement en alternance un bac pro vin. Nous partageons la même conception de notre métier. C’est un enrichissement de travailler avec une femme, nous avons des palais et des goûts différents qui vont se compléter pour obtenir de nouvelles saveurs. C’est un métier où il y a peu de femmes. Perrine envisage à terme de créer son exploitation.
Et encore plein de projets, j’imagine ?
Oui bien sûr ! Il y a un projet d’oenotourisme. Je suis en train de rénover un bâtiment et j’ai envie d’associer vin, tourisme et découverte de nos veilles pierres. J’ai aussi le projet de planter du raisin sur une très ancienne parcelle pour vinifier du vin blanc. Et puis très bientôt une nouvelle cuvée de Syrah, encore plus tannique, pour un vin de terroir.
Merci Jean-Christophe pour votre accueil et la visite de ce charmant village.
Nous vous invitons à vous rendre au caveau du Valla des Laures et à prendre le temps de visiter ce village qui mérite le détour.
* L’AOC autorise jusqu’à 52 hectolitres/hectares