Suite à notre article Les AMAP, un commerce équitable de proximité, nous avons rencontré Ludovic Mamdy, coordinateur d’Alliance Paysans Ecologistes Consommateurs Rhône-Alpes, réseau régional des AMAP, Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne.
Pouvez-vous nous présenter l’Alliance PEC ?
L’Alliance Producteurs Ecologistes Consommateurs Rhône-Alpes est une association loi 1901, créée en 2002, dans la foulée de son équivalent national, elle-même créée en 1991 au moment des négociations du GATT*. Elle s’inscrit dans un mouvement national politique et syndical qui rassemble les agriculteurs, consommateurs et écologistes qui souhaitent proposer une alternative face à la libéralisation de l’agriculture.
Par les mouvements qui la composent, l’Alliance est présente dans toutes les actions qui vont animer l’alternative agricole. A partir de 2001, elle accompagne les AMAP dans un projet plus concret à la fois social, économique et écologique.
Elle aide à la création des AMAP en Rhône-Alpes, et apporte son appui pour leur développement et le respect de la charte des AMAP.
Les AMAP en Rhône-Alpes en quelques chiffres ?
A ce jour, ce sont 135 AMAP pour 200 producteurs qui fournissent des paniers à 3 500 familles soit à peu près 10 000 consommateurs !
Ces producteurs, qui sont-ils ?
Ce sont des producteurs biologiques labellisés à 50%. Pour le reste, ce sont des producteurs qui s’inscrivent dans une agriculture paysanne qui garantit le respect de la terre et des gens qui vivent autour.
Quels sont les garanties pour le client ?
Il n’y a pas pour l’instant de certification. Nous réfléchissons à une mise en place par le réseau lui-même et notamment par les consommateurs, un système de garantie participatif, une certification des acteurs entre eux en quelques sorte.
Où se situent les AMAP en Rhône-Alpes?
Les pôles importants sont situés autour des lieux urbains : Lyon, Grenoble, Saint Etienne, tout autour du Léman, Valence… Ces lieux sont plus sensibles à l’écologie et éloignés de la campagne, il y a une plus forte demande.
Aujourd’hui, des listes d’attente sont mises en place face au succès des AMAP. Il n’y a plus assez de producteurs, nous globalisons les listes pour essayer de répondre au mieux.
Justement, quel rôle jouez-vous pour aider les producteurs ?
Nous avons un rôle de sensibilisation, d’information auprès des acteurs du monde agricole à travers les chambres d’agriculture, les centres de formations, les collectivités. Il faut aider les producteurs à s’implanter, à trouver des terrains et à assurer leur autonomie technique, économique et décisionnelle. L’objectif est de recréer de l’emploi et de la vie à proximité des consommateurs. Aujourd’hui seulement 5 à 6% des produits que nous consommons sont produits à moins de 50 km de chez soi.
Il faut investir avec les collectivités, les associations (comme Terre de Liens), dans le foncier pour mettre en place des fermes répondant aux exigences d’une agriculture de proximité. Et puis, bien sûr, nous intervenons dans l’animation et la réflexion sur les AMAP avec un volet formation et accompagnement aux projets.
Parlez-nous de l’offre de panier sur la région ?
Il y a aujourd’hui deux types d’offres, avec des sociétés qui proposent une vision pédagogique, culturelle, collective et solidaire du développement agricole et d’autres qui ont une approche purement entrepreneuriale, avec une vision commerciale centrée sur le marketing de la demande, oubliant que l’offre restera faible si l’ensemble de la société n’agit pas.
Quel projet souhaiteriez-vous mettre en avant sur la région ?
Sans hésiter, Alter-conso à Lyon (distribution de paniers), organisé en SCIC. Ils sont dans une approche solidaire consommateurs et producteurs et n’hésitent pas à parrainer et aider de nouvelles petites entreprises.
Merci à Ludovic pour toutes ces informations.
* General Agreement on Tariffs and Trade. Pour en savoir plus : GATT